La belle au bois dormant : conte ou cauchemar ?

Dans votre enfance, vous avez sans doute déjà lu des contes, quel que soit le genre. À l’époque, peut-être que rien ne vous choquait, mais est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Vous l’avez sûrement remarqué : les contes pour enfants véhiculent depuis longtemps des représentations stéréotypées des idéaux féminins et masculins, ainsi que de la société. Nous nous intéressons ici au conte La Belle au bois dormant, de Charles Perrault, en nous concentrant plus particulièrement sur la notion de consentement.

Dans la version originale du conte, Aurore, la princesse, se réveille de son long sommeil grâce au prince charmant, après avoir eu des enfants durant son sommeil.

Dès lors, le conte La Belle au bois dormant pose-t-il un problème éthique en matière de consentement ?

Ce travail a été sélectionné par la mission égalité de l’Université Gustave Eiffel et a fait l’objet d’une publication.

Positions dans la controverse et arguments portés par les acteurs

Arguments pour

  • La féminisation et la réécriture du conte permettraient de mettre davantage l’accent sur le respect du consentement. Dans la version originale, le prince embrasse la princesse endormie sans son accord, un élément qui pourrait être repensé.
  • Il serait pertinent de modifier la représentation du prince, souvent réduit au rôle de sauveur, afin d’éviter une vision biaisée des relations entre les femmes et les hommes transmise aux enfants.
  • La banalisation de gestes non consentis dans les contes peut influencer les comportements des enfants, qui risquent de les percevoir comme une norme sociale acceptable.
  • Une version revisitée du conte pourrait devenir un support éducatif permettant de sensibiliser les enfants à la notion de consentement dès le plus jeune âge.
  • Introduire davantage de figures féminines actives contribuerait à renforcer la confiance en soi des jeunes filles, en leur proposant des modèles de femmes autonomes et indépendantes.

Arguments contre

  • Modifier le conte peut être perçu comme une forme de censure, soulevant ainsi des questions liées à la liberté d’expression et à l’intégrité des œuvres originales.
  • L’œuvre peut être replacée dans son contexte historique et culturel : lors de sa création, les normes sociales étaient différentes, et le récit reflétait les valeurs de son époque.
  • La Belle au bois dormant fait partie du patrimoine culturel ; sa transformation pourrait être considérée comme une atteinte à l’héritage culturel du passé.
  • L’interprétation du récit relève avant tout du lecteur ou du spectateur, et il n’est pas nécessairement du ressort de l’œuvre de se conformer aux sensibilités contemporaines.

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